Le Carnet des Essentiels · Posture & métier
Depuis un an, c’est la question que l’on me pose le plus, en formation comme en atelier : avec l’IA, les particuliers font leur projet de décoration en ligne, alors à quoi bon devenir décorateur ? Ma réponse va peut-être vous surprendre : l’IA est une excellente nouvelle pour les décorateurs qui savent ce qu’ils vendent. Et une très mauvaise pour ceux qui vendaient des images.
Ce que fait l’IA, et ce qu’elle fait très bien
Je ne vais pas jouer la carte de la méfiance. Je m’en sers tous les jours. Pour tester une ambiance en trois minutes, pour montrer à un client ce qu’un bleu profond ferait sur le mur du fond, pour produire une variante quand il hésite. Là où il me fallait une matinée sur un logiciel, il me faut un café.
Et dans ma formation en ligne, on l’apprend, au même titre que Home By Me, Canva ou Photoshop. Refuser l’outil serait aussi absurde qu’un peintre qui refuserait le rouleau parce qu’il a appris à la brosse.
Ce qu’une image générée ne sait pas
Maintenant, regardons ce que l’image ne contient pas. Elle ne connaît pas le support : un vieux plâtre farineux, une cloison en placo, un mur de pierre qui remonte l’humidité. Elle ne connaît pas les DTU, ces règles qui disent ce que l’on a le droit de faire et ce qui finira en sinistre. Elle ne connaît pas le budget du client, ni la lumière réelle de sa pièce à 17 heures en novembre, quand le bleu profond de l’écran devient un gris triste. Elle ne connaît pas la hauteur sous plafond, la circulation, ni l’enfant qui traverse le salon en trottinette.
Et surtout, elle ne répond de rien. Le jour où le chantier commence, où le peintre demande quelle sous-couche, où le cuisiniste découvre que la prise n’est pas là où le rendu la mettait, il n’y a personne au bout du fil. Le client, lui, ne paie pas une belle image. Il paie une décision juste et un résultat qui tient.
Le client qui fait tout seul n’était pas votre client
Il faut le dire clairement, parce que c’est là que se loge la peur : la personne qui fait tout en ligne n’aurait de toute façon jamais fait appel à un décorateur. Avant l’IA, elle feuilletait des magazines, faisait des captures sur Pinterest et repeignait son salon un samedi. Elle continue, avec de meilleurs outils. Tant mieux pour elle. Ce n’est pas un client perdu : ce n’était pas un client.
Le client d’un décorateur, c’est celui qui a un vrai projet, un budget, une échéance, et qui ne veut pas se tromper. Celui qui a déjà repeint deux fois la même pièce. Celui qui rénove un gîte et doit ouvrir dans quatre mois. Ce client-là n’a jamais eu autant besoin de quelqu’un qui décide juste, parce qu’il n’a jamais eu autant d’images sous les yeux, et aussi peu de repères.
Ce qui fait vraiment vivre un décorateur
Depuis 2006, sur les chantiers, j’ai vu des décorateurs très doués ne pas vivre de leur métier, et d’autres, moins doués, travailler sans arrêt. La différence n’a jamais été la qualité des images. C’était la capacité à savoir quoi décider, à l’expliquer, et à le facturer à sa juste valeur. Ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur : une image produite en dix secondes en est la démonstration parfaite.
L’IA vient donc de faire le tri à notre place. Elle rend banal ce qui n’avait pas de valeur, l’image, et elle rend précieux ce qui en a : le diagnostic, la décision, la responsabilité, le suivi jusqu’au dernier coup de rouleau. Un décorateur qui a une offre claire, des prix cohérents et une méthode n’a rien à craindre. Il a même un allié.
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Vous envisagez de devenir décorateur, ou vous êtes déjà installé sans parvenir à en vivre correctement ? C’est exactement ce que nous travaillons, Margot et moi, dans cette formation 100 % en ligne. Pas pour produire plus d’images : pour savoir quoi décider, et le vendre. Toute inscription commence par un entretien offert, pour étudier votre projet.