Pendant ce temps, à Erquy…
Le conseil de Myriam
Avoir du goût ne suffit pas : décorateur d’intérieur, ça s’apprend « J’adore cuisiner la blanquette de veau, et c’est pas pour autant que j’ouvre un restaurant. »
Quand on me dit « J’ai du goût… », je réponds toujours : « Oui, c’est déjà un bon atout. » Et je le pense vraiment. Mais le goût, c’est un point de départ. Ce n’est pas encore un métier.
La planche de Garance : le même parquet au sol et au mur… et un évier au milieu de l’îlot J’ai travaillé un temps avec une collaboratrice diplômée, cinq années d’études derrière elle, persuadée d’avoir le monopole du bon goût. Ses dessins étaient très jolis. Le souci, c’est qu’ils étaient souvent irréalisables. Un jour, elle me présente un projet avec le même revêtement de sol posé sur les murs. Je lui pose une seule question : « Mais comment tu vas le faire tenir ? » Silence. Elle ne se remettait jamais en question, et ce manque d’humilité lui a fait beaucoup de tort.
Un parquet de sol et un revêtement bois mural ne sont pas les mêmes produits : ni la même pose, ni la même fixation, et jamais exactement le même rendu. Quant à l’évier au milieu d’un îlot, c’est de la plomberie : il faut amener l’eau, l’évacuer, passer sous le sol. D’autres travaux, d’autres artisans, un autre budget. Sur le papier, tout tient. Sur un chantier, c’est une autre histoire.
Depuis 2006, j’ai appris une chose : dans le bâtiment, personne ne maîtrise son sujet à 100 %. Les matériaux évoluent, les règles changent, et chaque maison a ses petites surprises. Celui qui croit tout savoir arrête d’apprendre… et c’est souvent là que les ennuis commencent.
Mon conseil : le goût vous donne l’envie, la formation vous donne le métier . Avant de vous lancer, faites honnêtement le point sur ce que vous savez déjà et sur ce qu’il vous reste à apprendre. Garance, elle, a déjà ouvert son carnet.
Et si vous voulez savoir précisément ce qu’il vous reste à apprendre, j’ai détaillé toutes ces compétences dans un article : les compétences d’un décorateur d’intérieur (le goût ne suffit pas) .
Myriam Blin